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25/08/2021 - Boali

Boali : retourné, Saïdou Oumarou témoigne de son vécu


Saïdou Oumarou, soixante ans, est père de neuf enfants et compte treize petits-fils. Il préside aux destinées du quartier Foulbé, à majorité musulmane. C'est depuis trente-six ans qu'il vivait à Boali ; il a quitté la ville lors de la crise. Aujourd'hui de retour, il témoigne de son vécu, des hauts et des bas.

Saïdou Oumarou était commerçant à Boali depuis 1983. Il a quitté la ville en 2013 à cause des représailles du groupe dit Antibalaka (prétendument chrétien), qui a emporté tous ses biens. De retour et sans activité commerciale, il ne peut faire face à ses obligations familiales. Il s'est converti en cultivateur pour subvenir aux besoins vitaux. « Les musulmans ont été pris pour cible à Boali pendant les attaques des Antibalaka, le 5 décembre 2013. Nous étions obligés de partir. Nous avons tout perdu : boutiques, maisons, bétail, etc. Après le retour progressif de la paix, je suis le premier à retourner à Boali. J'ai  décidé de revenir parce que je n'avais rien à me reprocher. Mais j'ai été attaqué par certains ennemis de la paix à mon arrivée. J'ai eu le soutien du sous-préfet et du commissaire de police de la ville », a-t-il déclaré.

Saïdou Oumarou a été désigné président du comité local de paix de Boali. Il a œuvré aux côtés des autorités de la ville pour faciliter le retour des musulmans. « Avec les autorités locales, nous avons mené des médiations auprès des communautés afin de faciliter le retour des musulmans. Ces actions ont porté leurs fruits. La paix, le vivre-ensemble refont surface à Boali. Il n'y a plus de problèmes entre chrétiens et musulmans. Les deux communautés vivent en parfaite harmonie. J'ai reçu des distinctions honorifiques grâce à ce travail. Je ne peux que me réjouir de cela », a-t-il ajouté.

Pour l'heure, il vit avec sa femme dans une maison en paille. Ses enfants et petits-fils sont restés à Garoua-mboulaye, ville frontalière avec le Cameroun. La cueillette des produits de son champ ne lui permet pas de soutenir les études des enfants. Pour y faire face, il demande le soutien multiforme du gouvernement et des partenaires, y compris les humanitaires.

© PCRC-Cellcom – Petrus Namkoina

Publié par le PCRC