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  Nouvelle

12/01/2019 - Bangui

Dialogue politique : le président Touadéra à l'écoute de la société civile et des dignitaires religieux


Le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a entamé depuis vendredi 4 janvier une série de rencontres avec les forces vives du pays au palais de la Renaissance. Ces consultations sont un prélude au prochain forum de dialogue politique qui mettra autour d’une même table le gouvernement et les groupes armés.

Dans la perspective d’un prochain dialogue entre le gouvernement et les groupes armés, le président Touadéra veut prendre en compte les attentes et les exigences des forces vives de la nation. C’est ainsi que « les exclus » de ce futur dialogue sont consultés par le chef de l’État à son palais, signe qu’on s’approche de l’évènement tant attendu.

Signalons qu‘au lendemain de ces consultations, une délégation conjointe ONU/Union africaine (UA) est arrivée à Bangui la capitale, le lundi 7 janvier.

Cette discussion aux fins de trouver un accord et mettre ainsi un terme au conflit qui déchire le pays depuis plus de cinq ans, s’organise selon le schéma de l’UA. Cette dernière a décidé, suivant une feuille de route des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), que ce forum se tienne exclusivement entre les groupes armés répertoriés au nombre de 14 et le gouvernement. Les autres sensibilités, formations politiques et société civile notamment ont été exclues des discussions directes. Le mécanisme de dialogue de l’UA leur a attribué le simple statut d’observateurs.

Pourtant, elles forment la majorité silencieuse, portant des revendications aussi diverses qu’importantes.

Le vendredi 4 janvier donc, les religieux et les représentants des victimes de la crise ont été les premiers à être reçus par le chef de l’État. Ceux-ci ont eu l’occasion de répéter les mêmes exigences qu’ils ont toujours exprimées : « non à l’impunité », ainsi que la prise en compte des recommandations issues du Forum de Bangui. Organisé mi-2015, ce forum avait conclu ses travaux sur des recommandations fortes dont la fin de l’impunité et le respect de la Constitution.

« Nous les victimes, nous avons demandé plusieurs fois à l’État l’amnistie zéro, le respect du Forum de Bangui et le respect de la Constitution. Aujourd’hui, au cours de ces échanges, le chef de l’État a été précis : il est derrière la constitution, il respecte les accords du Forum de Bangui et il y aura ‘impunité zéro’. Et c’est ce que nous souhaitons, nous les victimes », a déclaré Hervé Séverin Lidamon, représentant des victimes, au sortir de la rencontre.

« Tous les participants ont demandé que les recommandations soient appliquées par les deux parties, qu’il y ait ‘impunité zéro’, pas d’amnistie, parce que nous ne voulons pas préparer encore des bourreaux de demain. D’autant plus que les victimes de cette crise vont se constituer en bourreaux si l’impunité persiste », a martelé pour sa part l’imam Kobine Layama.

Le religieux a poursuivi : « A travers ce dialogue, s’ils sont réellement des Centrafricains, je leur dirais qu’ils doivent rester dans l’esprit de Centrafricain. Que nous nous reconnaissons d’abord Centrafricains pour faire sortir notre pays de cette impasse. »

Le président Touadera a besoin du soutien de toute la population

 « C’est aujourd’hui ou jamais, a déclaré le président Touadéra, le moment de rebâtir une nouvelle république sur la base de la consultation du Forum de Bangui. » Cependant, pour jeter les bases de cette « nouvelle république durable », le président de la République ajoute qu’il faut de la patience, l’unité et la solidarité. « Notre pays est dans une phase vraiment difficile de son histoire. En ce moment, nous avons besoin du soutien de notre population», a indiqué le président de la République face aux représentants des formations politiques, le jour suivant.

Les représentants des 14 groupes armés, issus de l’ex-coalition Séléka et du mouvement des Anti-Balaka, feront face aux représentants du gouvernement lors de cette rencontre dont la date et le lieu sont à présent connus : le 24 janvier ^prochain à Khartoum.

Ce dialogue devrait accoucher des accords en vue d’accélérer le processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) des ex-combattants rebelles. Et en filigrane, l’État doit en même temps accélérer le processus de redéploiement de sa présence sur le terrain à travers l’armée et l’administration publique.

© PCRC-CellCom - Askin Bamako 

Publié par le PCRC