Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

06/12/2018 - Bangui

La PCRC et ses grands chantiers de la cohésion sociale à Bouar


L’antenne préfectorale de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) à Bouar entend intensifier ses activités dans les jours à venir : des formations seront organisées et des antennes communales et sous-préfectorales seront installées.

Le travail pour le retour de la paix et de la cohésion sociale est si grand que l’antenne préfectorale de la PCRC à Bouar entend multiplier ses activités dans un tout proche avenir.

Il est question de la mise en place de plusieurs antennes locales et de l’intensification de la campagne autour des messages de paix. Il est prévu l’organisation d’ateliers de formation et de sensibilisation en faveur du retour de la cohésion sociale.

Ceci passe, en amont, par une lutte que se donnent toutes les communautés à travers les leaders religieux contre les messages de haine. Ces derniers, comme on le sait, renforcent la division en maintenant la méfiance et en ouvrant la porte à la montée des tensions à la moindre occasion.

Formation de quatre-vingts leaders

À la mi-décembre, des sessions de formation-sensibilisation réuniront au moins 90 participants. Près d’une cinquantaine de leaders des communautés religieuses de Bouar et une trentaine d’autres venus des localités proches ou du chef-lieu de Nana-Mambéré y sont attendus.

Le 29 novembre, deux délégués de la Plateforme étaient à Bouar. MM. Godefroid Mokamenede et le pasteur Philippe Sing-Na, membres du Conseil d’administration de la PCRC, étaient nantis de la mission de faire un suivi-évaluation de la mise en œuvre du ‘projet KAICIID’. Ce projet vise la lutte contre les discours de haine en Centrafrique.

Harmonisation des activités et des dépenses

Les deux émissaires de la PCRC ont affirmé que le retard pris par la Nana-Mambéré dans la mise en œuvre du projet n’est pas mauvais en soi. « C’est une bonne occasion pour fournir aux animateurs de l’antenne préfectorale une orientation meilleure pour des résultats aussi meilleurs », a indiqué M. Mokamanede.

Ainsi, au sortir des échanges francs et constructifs avec les animateurs, il est convenu de concentrer les activités dans deux sessions de formation-sensibilisation. L’antenne organisera en même temps de nombreuses rencontres comme prévu dans le plan de travail. Le but étant de maintenir une dynamique inébranlable de retour progressif du vivre-ensemble. Cette démarche sert à harmoniser les dépenses entre la fourchette du fonds alloué, qui est plutôt modeste, avec les activités à mettre en œuvre. Néanmoins, toutes les activités sont censées se clôturer avant fin décembre, ont souligné les deux délégués.

La multiplication des antennes

De son côté, le pasteur Dakabo-Kette Jovin, secrétaire général de l’antenne préfectorale de la PCRC à Bouar, a précisé ce qui sera fait : la mise en place, au terme des ateliers de sensibilisation, des antennes de Baoro, Niem-Yelewa, Galo, Aba, Beloko. Cette rencontre sera aussi l’occasion de relancer les activités de l’antenne de Bohong. Toutes ces nouvelles antennes communales s’ajouteront à celles de Baboua, Ngaoundaye et Bocaranga qui sont fonctionnelles. Elles travaillent déjà dans le sens du retour de la cohésion sociale avec « des résultats très encourageants ».

Le secrétaire général de l’antenne de Bouar a pris note de l’impérieuse nécessité, pour les participants aux futures sessions de formation-sensibilisation de devoir rendre des comptes à leurs bases respectives. C’est-à-dire dans les églises, les mosquées, les associations de jeunes, les médias locaux. Mais aussi, une implication renforcée des autorités locales.

Les difficultés de l’antenne ont aussi été présentées. M. Dakabo fait la demande que son antenne soit dotée d’un ordinateur et de motos pour faciliter les tournées dans les autres antennes ou localités proches.

Protéger la minorité

Il faut signaler qu’à Bouar un certain nombre de musulmans sont restés sur place depuis 2014, au plus fort de la crise. « Nous travaillons de sorte que ces musulmans soient en sécurité et tout ce que nous faisons, nous impliquons toujours la Plateforme », a expliqué Mme Ngaba Mariette, secrétaire générale de la Préfecture de Nana-Mambéré, aux envoyés de la PCRC.

Elle a signalé que, progressivement il y a des retournés qui se concentrent essentiellement à Baboua, à environ 60 km. Leurs enfants vont à l’école comme tous les autres enfants.

Très minoritaires, les musulmans de Bouar vivent concentrés dans le quartier Haoussa, à environ 2 km du centre-ville. Ils circulent librement et vaquent à leurs occupations. L’imam Aboubakar Yahya est l’un des membres de l’antenne de PCRC.

© PCRC-CellCom - Askin Bamako

Bouar est le chef-lieu de la province de Nana-Mambéré. Cette ville est située à 450 km environ à l’ouest de la Centrafrique. Les différentes antennes de la PCRC sont composées de 6 membres à raison de deux par confession religieuse (musulman, catholique et protestant).

Publié par le PCRC