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  Nouvelle

06/06/2018 - Bangui

La gestion des inondations à Bangui : une affaire de « bonne » gouvernance, mais aussi de comportement personnel « responsable »


Les inondations récurrentes dans la ville de Bangui sont-elles des effets du changement climatique ? Chaque précipitation de pluies occasionne inondations et leurs lots de conséquences : difficultés de circulation, érosions, glissement de terrain, destructions de maisons, ensablement, non seulement des ouvrages de drainage, mais également les artères.

Le gouvernement doit agir sur la prévention des inondations dans la ville de Bangui pour le bien-être de sa population. Mais une culture d’hygiène et des comportements responsables de la part de chaque citoyen sont aussi requis.

La dégradation des routes et des canaux de drainage a pour conséquence d’une part de rendre impraticable la circulation dans la ville de Bangui pendant et après la pluie, et d’autre part de rendre insalubre l’environnement immédiat des habitants, à l’origine de maladies comme le paludisme, dont les agents pathogènes se reproduisent dans les eaux stagnantes.

Pendant et après les précipitations, les eaux envahissent les quartiers, les canaux débordent, les parcelles sont ensablées. Parfois, certaines constructions sont emportées. Dans les zones de marécages, les résidences sont assiégées par des étangs. Et lorsque ces eaux s’assèchent, c’est la boue qui s’approprie les lieux. Résultats ? Sur les artères, les embouteillages deviennent inextricables et bien entendu la circulation routière devient encore plus inextricable, entrainant de fait le ralentissement des activités économiques.

Pour Gbavaka, tailleur de son état, à cause de ces inondations, il a perdu un nombre important de marchés : « Les inondations à répétition ont réduit considérablement le rythme de mes productions. Vu que mon atelier est inondé, les clients ont de la peine à venir jusqu’à moi », déplore-t-il.

L’inondation favorise l’absentéisme dans les administrations. Du coup les activités et les dossiers n’avancent pas. Se pencher sur les problèmes que provoquent les pluies et de leurs innombrables conséquences, constitue un défi majeur que les gouvernants, tant au niveau national que préfectoral, sont appelés à relever pour favoriser un meilleur développement de la République centrafricaine.

La pluie, à cause des dégâts qu’elle occasionne, constitue une source d’inquiétude dans la population banguissoise. Que de familles sont en confits de voisinage à cause du drainage des eaux de pluie. Une situation pourtant involontaire, mais difficile à gérer : personne n’a envie de voir passer dans sa parcelle des eaux douteuses. Quelle que soit l’importance des dégâts causés par la pluie chez le voisin, qu’il se débrouille seul ! La cohésion sociale n’est pas au rendez-vous.  

Florentin propose qu’il y ait des canalisations dans les quartiers, afin d’affronter ce défi naturel : « Les quartiers doivent avoir des canaux d’orientation des eaux. C’est ce qui réduira fortement les inondations. »

Dieu-Béni, conducteur de taxi-moto, pense plutôt qu’il faut que le gouvernement s’attaque à ce problème à la base. Il pense que la résolution du problème des inondations réside dans les grandes orientations données par le gouvernement : « Le gouvernement doit construire des ouvrages d’assainissement, répondant à l’étendue de la ville de Bangui, relativement à son extension, d’ailleurs anarchique depuis plusieurs années. Extension favorisée, comme on le sait, par l’exode rural ayant eu pour effet, l’augmentation galopante de la population urbaine », nous dit-il.

Un autre riverain soulève le manque d’entretien constant des ouvrages d’assainissement, précisément les collecteurs des déchets, les égouts et les caniveaux, en plus d’un curage - inexistant - des rivières, devenues des déversoirs des immondices et ordures ménagères pour plus d’un million- de ménages que compte la ville de Bangui : « On ne peut pas épingler, sans douleur au cœur, l’absence d’une culture d’hygiène publique dans la capitale qui ne diffère en rien de la campagne, faute d’une éducation à la propreté, à la salubrité, à l’hygiène publique. La mairie doit mettre en place des services de collecte d’ordures. Si elle manque de moyens, alors qu’elle libéralise ce secteur, afin que d’autres puissent s’en charger. »

Les mauvaises habitudes alimentaires consistant à manger n’importe où, à balancer les emballages (sachets, feuilles de chikwange, les papiers, etc.) dans les caniveaux contribuent également à les boucher et à provoquer des inondations que tout le monde décrie et redoute tant. « La paix et le vivre-ensemble ne peuvent être réels dans notre pays que si nous sommes en bonne santé et en paix avec notre prochain. Assister son voisin en détresse est un signe de paix. C’est une démarche d’unité qui, sans doute, favorise le vivre-ensemble. Les uns et les autres ne doivent pas penser que la cohésion sociale et le vivre-ensemble ne se ramènent qu’aux gens qui ont pris les armes.  Elles s’étendent aussi dans les petits actes que nous posons au quotidien à l’égard de nos proches », conseille Mme Jocelyne, vendeuse de bouillie de riz à Pétévo dans le 6e arrondissement.

© PCRC-CellCom - Michael Eustache Mounzatela

Publié par le PCRC