Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

08/01/2019 - Bangui

Les sœurs comboniennes de Bimbo attaquées par des braqueurs


Dans la soirée du dimanche 6 janvier 2019, après la prière des vêpres, les sœurs missionnaires comboniennes de la communauté du postulat de Bimbo ont vécu la frayeur de leur vieÂÂ : elles ont été victimes d'un braquage.

Après ce méfait, le cardinal Nzapalainga a lancé un appel : «Les religieux et religieuses ont tout quitté pour servir les pauvres et les chrétiens de notre pays. C'est à la population centrafricaine de les protéger.» 

Dimanche 6 janvier, fête de l'Epiphanie. Juste après la prière des vêpres, à leur sortie de la chapelle à 19 h, les religieuses comboniennes de la communauté du postulat de Bimbo ont été assaillies par des visiteurs de dernière minute. Loin d'être des paroissiens ou des pauvres et sans-abri, 8 hommes sont sortis de l'ombre. Ils ont solidement ligoté les sœurs.

Les malfaiteurs ont fait main basse sur les ordinateurs, des téléphones portables, de l'argent et les objets de valeurs de la communauté. Ils ont même mangé le gâteau que les sœurs avaient préparé pour célébrer la fête de l'Épiphanie.

Ils avaient soigneusement étudié leur coup. Ils ont pris leur temps : ils sont restés 3 h 30 dans la maison. Bien avant, ils avaient endormi le gardien de nuit en lui faisant boire une drogue. Durant leur méfait, un des bandits surveillait les sœurs ligotées.

Après leur départ, les sœurs ont retrouvé le gardien bien endormi à cause de la drogue qu'il avait ingurgitée. Elles ont informé tout de suite leur provinciale. Celle-ci, une fois arrivée sur place, a appelé le supérieur des Comboniens en Centrafrique, le Père Médard Longba, pour initier des démarches auprès de la justice.

Pour le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, cet acte est injustifiable : « Les voleurs sont venus jusqu'à dans la maison des sœurs, qui sont des femmes consacrées à Dieu, des femmes sans défense, pour les attaquer. S'ils ont osé défier Dieu jusque dans cette communauté, dans cette maison religieuse et de prière, la porte va se refermer sur eux. Ils doivent restituer sans aucune forme de procès les objets volés de peur d'attirer la malédiction sur leur vie. », a-t-il déclaré.

Le cardinal Nzapalainga a poursuivi en rappelant à la population que les sœurs n'ont rien : elles ont quitté leur pays, leur ville pour venir se mettre au service des pauvres et des chrétiens de notre pays. C'est donc à la population de veiller sur elles, de les protéger. « J'exhorte la population centrafricaine à la vigilance. Protégez les sœurs, protégez les religieux et religieuses. Ils n'ont rien, ils n'ont que la Bible. Ils ont laissé parents, famille, pays pour être à nos côtés, nous dévons les protéger », a-t-il conclu.

Maurice l'un des vieillards du quartier dans lequel se trouve la communauté des sœurs attaquées a fermement condamné un tel agissement qu'il qualifie de dangereux. Selon lui, de tels actes n'encouragent pas la confiance ni la paix dans le quartier et par extension dans le pays. Par mesure de sécurité, on se méfiera les uns des autres. Cela va engendrer des soupçons de tout genre. « Le vol est une très très mauvaise chose, a-t-il dit. Cette manière de faire est négative et n'encourage pas le vivre ensemble. Par mesure de sécurité la méfiance va s'installer en lieu et place de la confiance et de l'entraide. Nous devons ouvrir les yeux pour que de tels actes ne puissent pas se répéter », a-t-il conclu.

Un pasteur qui a requis l'anonymat a déclaré ne pas comprendre cet acharnement contre les communautés ou églises qui finalement n'ont aucun sens : « Il n'y a rien dans les églises et les communautés religieuses, ce ne sont pas des lieux où on a beaucoup d'argent. Les maisons de formation, les églises ou les communautés religieuses vivent au contraire des dons des hommes de bonne volonté », explique-t-il.

Cette situation n'est pas passée inaperçue chez certains fidèles qui se disent inquiets : « Je suis sûr qu'il s'agit là d'un réseau bien organisé qui sait à quel moment attaquer et à quel moment partir. Ils savent où s'orienter quand ils rentrent dans la communauté. Ce qui fait qu'ils sont efficaces et qu'il est difficile de leur mettre la main dessus », se plaint Marius qui vient de finir sa prière à la grotte de la paroisse Saint-Antoine de Padoue.

« Moi en tout cas, j'ai peur, dit Suzanne, une paroissienne de Saint Jacques de Kpètènè. Je me dis qu'à tout moment cela peut arriver dans ma paroisse. Je me rappelle qu'une fois un homme avait réussi à voler le Saint-Sacrement avant d'être arrêté par les jeunes du quartier quand l'alerte a été lancée. Personne n'est à l'abri », raconte-t-elle.

Avec ces acteurs organisés qui rament contre le principe de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de la paix, la RCA peut-elle encore retrouver ces valeurs de paix, d'honnêteté et d'amour d'antan ? En tout cas, ce dernier méfait contre des religieuses dans la ville de Bangui cristallise davantage encore le climat d'insécurité qui prévaut dans la capitale Bangui.

© PCRC-CellCom – Eustache Michael Mounzatela

Publié par le PCRC