Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

06/12/2018 - Bangui

Violences à Ippy : la cohésion sociale mise à mal par les groupes armés


Le 4 décembre 2018, la paroisse catholique d’Ippy a été la cible d’une attaque d’un groupe armé. Tout le travail de sensibilisation à la construction de la paix se trouve ainsi menacé dans cette région.

« Des militaires sont entrés dans le camp et ont commencé à tirer à bout portant. Avec ce genre de comportements, comment pouvons-nous encore croire à la cohésion sociale ? La population de ce côté est fatiguée. Fatiguée de ces attaques à répétition », a expliqué un déplacé de la ville d’Ippy, au lendemain de l’attaque.

Selon les informations recueillies auprès de la population c’est le commandant de l’UPC de la ville d’Ippy, un certain Moussa Abakar qui aurait donné l’ordre d’attaquer le site des déplacés. Cette attaque a été confirmée par l’ordinaire du diocèse de Bambari, Mgr Richard Appora Ngalanibe..

Cette attaque intervient trois semaines après celles d’Alindao et de Batangafo. Vladimir Monteiro, porte-parole de la MINUSCA, contacté par le RJDH, a déclaré qu’il s’agit d’un accrochage entre les anti-balaka et les hommes de l’UPC : « Il y a eu effectivement un accrochage entre les hommes de l’UPC et les anti-balaka. Cela a provoqué un mouvement de panique au sein du site », a-t-il déclaré.

Mais une telle version des faits n’est-elle pas simplificatrice ? Peut-on réduire à une telle explication ces attaques à répétition de sites de réfugiés dans des paroisses catholiques qui les abritent. Un tel argument, dénué de tout fondement, n’est en réalité qu’un alibi dont  se servent ces groupes armés pour briser le vivre ensemble et la paix entre les citoyens, afin de saccager, voler et piller les biens d’autrui.

Avec cette attaque, la cohésion sociale tant espérée et qui, pourtant, commençait à être effective dans la ville est aujourd’hui mise à mal. Ce vivre ensemble est remis en cause de façon brutale, à la suite de cette attaque intolérable et inacceptable. On se demande pourquoi s’en prendre avec autant de violence à la population civile. Cette population qui n’a pour rêve que de retrouver la paix et la liberté d’antan. Tout porte à croire que les chefs rebelles ne sont pas prêts à mettre un terme au chaos qu’ils ont volontairement créé et dont ils tirent d’énormes profits. 

L’attaque du site des déplacés a non seulement traumatisé les familles qui y étaient regroupées, mais a également détruit tout le travail de sensibilisation sur la paix que plusieurs organisations, au rang desquelles la Plateforme des Confessions Religieuses, ont effectué dans cette partie du pays.

© PCRC-CellCom – Eustache Michael Mounzatela

La ville d’Ippy est située au centre du pays, à environ 500 km de Bangui, dans la préfecture de Ouaka dont elle constitue l'une des cinq sous-préfectures.