Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

06/12/2018 - Bangui

Yaloke : Les succès de la lutte contre les discours de haine


À Yaloke (préfecture de l’Ombella-Mpoko), on constate de plus en plus un retour du vivre-ensemble entre les communautés qui, hier, se regardaient en chiens de faïence. C’est le résultat d’un travail acharné de sensibilisation effectué par la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC).

Les communautés chrétienne et musulmane de Yaloke renouent progressivement le fil de la cohésion sociale. La communauté peuhle, basée dans un site de déplacés dans le quartier administratif, retrouve petit à petit sa place au sein de la population chrétienne qui forme la majorité. Il fallait, pour y arriver, établir un pont. C’est le travail que mène la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique à travers son antenne locale.

Une mission du conseil d’administration de la PCRC

Une série de campagnes de sensibilisation autour du vivre-ensemble et de lutte contre les discours de haine a été menée par l’antenne PCRC de Yaloke. Pour faire le suivi-évaluation, une mission du conseil d’administration de la Plateforme s’est rendue dans la sous-préfecture. Elle était composée de M. Godefroid Mokamanédé et du pasteur Philippe Sing-Na.

La délégation s’est entretenue avec en premier lieu avec quelques membres de l’antenne locale, en l’absence de son secrétaire général et du coordonnateur (qui est le curé de la paroisse). Elle a ensuite rencontré les autorités locales.

À Yaloke, les membres de l’antenne PCRC se sont impliqués dans cette campagne en rencontrant les jeunes, les autorités locales (sous-préfecture, mairie, gendarmerie), le représentant des déplacés peuhls, le curé catholique, etc. Toutes ces entités se sont réunies à différents endroits pour échanger sur la nécessité de « lutter contre les discours de haine » et « apprendre la tolérance », comme nous l’a expliqué la maire de Yaloke, Mme Florence Fangonda.

Une forte implication des autorités

La première rencontre a eu lieu en octobre dans la localité périphérique de Gaga. Chantier de diamant, ce village rassemble les personnes venues de différents horizons, musulmans, chrétiens, y compris des sujets chinois. Il se trouve qu’il est souvent question de tension sur fond de méfiance entre les communautés.

La maire de la sous-préfecture a pris le relais des membres de l’antenne pour signaler que les autorités locales ont été impliquées pleinement dans la mise en œuvre des activités de sensibilisation, d’une part. De l’autre, qu’il y a des réunions sur le même thème dans différentes localités (Dombourou, Kambangou, Gbapi, Gam, Gomio). Les représentants des jeunes de ces lieux ont par la suite été conviés sur le site des déplacés peuhls dans la ville de Yaloke. Mme Fangonda a affirmé : « Cela s’est bien passé. »

Pour sa part, la sous-préfète Mme Florence Amadjida a déclaré : « Ici, je viens de m’installer, mais au cours d’une réunion à l’église catholique j’ai fait connaissance avec la PCRC. Nous travaillons ensemble avec les religieux pour le retour de la paix et de la cohésion sociale, car ce sont eux qui sont les mieux indiqués pour ce travail. Nous les appuyons. »

Un optimisme partagé

Elle a aussi ajouté que, jusque-là, tout allait bien : « Il y a la protection des Peuhls qui sont là. Mais le problème, c’est que les jeunes sont encore hostiles au retour des autres personnes musulmanes. » Elle a signalé que la communauté peuhle est bien acceptée.

Ce que confirme Ibrahim Ori, chef adjoint du site des Peuhls : « Nous circulons librement, d’ici nous allons jusqu’au niveau du marché [à environ 2 km, NDLR] et à travers la ville pour paître nos troupeaux. Mais nous ne nous éloignons pas trop. »

L’autre personne à partager l’optimisme dans la dynamique intercommunautaire, c’est le commandant de la brigade de gendarmerie. L’adjudant-chef Jean Befio a témoigné qu’il a été de la partie à la rencontre de Gaga, puis celle récente au site peuhl. Sur le fond, il déclare qu’il y a un changement notable. Les Peuhls se déplacent désormais de Yaloke jusqu’à Gaga – environ 40 km -, en acheminant leurs troupeaux.

Ils collaborent et font des échanges avec les non-musulmans pour vendre des bœufs et, en échange, ils se procurent des produits de première nécessité.

Pour une nouvelle étape

Quant à l’antenne PCRC de Yaloke, ses animateurs pensent avoir bouclé en beauté la mise en œuvre des activités liées au projet de sensibilisation qui leur a été confié. MM. Redebona et Vincent Manga réclament une plus forte implication de tous les membres de l’antenne à toutes les phases de la mise en œuvre. Les Peuhls, eux, pensent à l’amélioration de leurs conditions de vie. Ils disent que l’assistance reçue des ONG humanitaires ne suffit pas.

Entretemps, l’antenne de Yaloke dit avoir identifié des besoins pour une prochaine étape du projet. Ses membres soulignent la nécessité d’obtenir un nouveau financement dans un délai raisonnable pour poursuivre le travail de sensibilisation en faveur de la cohésion sociale. D’autant plus que sur le terrain, « il y a un calme voilé », signale la sous-préfète.

© PCRC-CellCom - Askin Bamako.

Yaloke est une sous-préfecture de la province de l’Ombella-M’Poko. Elle est située à 225 km de Bangui la capitale. Godefroid Mokamanédé est un conseiller auprès du cardinal Dieudonné Nzapalainga. Le pasteur Philippe Sing-Na appartient à la mission protestante Elim. Les différentes localités qui ont été mobilisées pour les rencontres se situent dans un rayon de 60 km autour de la ville de Yaloke. Les antennes PCRC sont les démembrements de la Plateforme qui est basée à Bangui vers l’intérieur du pays. Le but de cette manœuvre est d’impacter un plus grand nombre de populations avec les messages de paix, de cohésion et de réconciliation aux endroits où la division est plus forte.

Publié par le PCRC