Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

23/06/2021 - Yaloke

Yaloke : l'antenne de la PCRC plaide pour la libération des habitations des retournés musulmans


A Yaloké, une sous-préfecture de l’Ombella-M’Poko située à environ 225 km de Bangui, les musulmans ont été obligés de quitter la ville pendant les crises militaro-politiques que la région a connues. Leurs maisons et boutiques ont été illégalement occupées par certains administrés de la ville. Ceux-ci s’opposent toujours à la restitution de ces biens d’autrui.

Depuis 2019, les musulmans qui ont quitté la ville de Yaloké pour se protéger des violences intercommunautaires sont de retour. Jusque-là, les personnes qui ont occupé leurs habitations ne veulent pas les libérer. L’antenne de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) de la localité plaide pour leur restitution.

Abakar Dimanche, président du CSISCA (Conseil supérieur islamique de Centrafrique) et vice-président de l’antenne de la PCRC de Yaloké, a donné des explications. « A Yaloké, la cohésion sociale et le vivre-ensemble existent entre les communautés. Mais les déplacés et les retournés de confession musulmane vivent dans des conditions déplorables. Les déplacés du site peulh vivent dans des abris indécents. Les retournés n’ont pas pu regagner leurs maisons. Ceux qui les occupent ne veulent pas les restituer. Nous demandons aux autorités de les  aider à regagner leurs maisons », a-t-il déclaré.

Renforcer la sensibilisation pour garantir la paix

Le maire de la ville, Bertin Semrene, a aussi déploré cette situation. Il en appelle au changement de mentalité et à la prise de conscience de ses administrés. «Ces retournés vivaient tous à Yaloké depuis fort longtemps. Ils sont partis à cause de la crise. Aujourd'hui de retour, ils n'ont pas pu réintégrer leurs anciennes habitations dont ils sont toujours propriétaires. Nous déplorons tous cette situation. J’en appelle à la prise de conscience des uns et des autres pour garantir la cohésion dans la ville», a-t-il déclaré.

L’abbé Jasmin Marcel Kpondayen, curé de la paroisse Saint-Joseph et président de l’antenne locale de la PCRC de Yaloké, demande le soutien de la Plateforme et de ses partenaires pour relever ces défis. « Aujourd’hui, les musulmans qui ont fui les évènements pour vivre hors de Yaloké sont de retour. Pour l’heure, leurs biens, maisons et autres sont confisqués. Certaines personnes comprennent et veulent les restituer, mais d'autres s'y opposent encore. Que peut-on faire pour qu’ils récupèrent leurs anciennes demeures ? Cela nécessite une sensibilisation ou un temps de formation pour amener ceux qui occupent encore illégalement les maisons de les libérer», a plaidé le prêtre.

Et d’ajouter : «Dans les communes proches de la ville Yaloké, certaines personnes s’opposent au retour des ex-combattants issus de la Seleka, groupe armé à majorité musulmane. Le non-respect du couloir de transhumance continue de créer des conflits ouverts entre les éleveurs et les agriculteurs. Cela constitue une menace pour la paix et la cohésion sociale. Nous demandons à la PCRC et à ses partenaires de nous soutenir afin d’aider nos frères qui sont dans cette situation.»

© PCRC-CellCom – Petrus Namkoina

Publié par le PCRC